Sclérose en plaques : ce que le reishi et le lion's mane peuvent apporter
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En résumé :
La sclérose en plaques (SEP) est une maladie auto-immune dans laquelle le système immunitaire attaque la myéline — la gaine protectrice des neurones.
La recherche préclinique montre que deux champignons médicinaux agissent sur des mécanismes directement pertinents pour la SEP, par des voies complémentaires. Le reishi réduit la neuroinflammation, freine l'attaque auto-immune et promeut activement la remyélinisation dans des modèles animaux de SEP. Le lion's mane stimule la maturation des oligodendrocytes — les cellules qui fabriquent la myéline — et augmente l'expression de la protéine basique de la myéline.
L'un protège et calme, l'autre reconstruit. Aucun des deux ne remplace un traitement de fond — mais leur complémentarité ouvre une piste de soutien cohérente et documentée.

Attention : La SEP n'est pas une maladie uniforme. Les mécanismes impliqués varient selon les formes. Les données présentées ici concernent les mécanismes biologiques généraux de la démyélinisation et ne préjugent pas d'un effet identique chez tous les patients.
La SEP en quelques mots : une attaque immunitaire contre la myéline
La sclérose en plaques est une maladie auto-immune du système nerveux central. Le système immunitaire — normalement chargé de défendre l'organisme — se retourne contre la myéline, la gaine isolante qui entoure les fibres nerveuses et permet la transmission rapide des signaux.
Quand la myéline est endommagée, les signaux nerveux ralentissent, se dispersent ou s'interrompent. C'est ce qui provoque les symptômes de la SEP — fatigue, troubles moteurs, troubles de la vision, douleurs, troubles cognitifs.
Deux processus coexistent dans la SEP : l'inflammation (l'attaque immunitaire qui détruit la myéline) et la neurodégénérescence (la perte progressive des neurones eux-mêmes). Les traitements de fond actuels ciblent principalement le premier — ils réduisent l'activité du système immunitaire pour ralentir les poussées. Mais ils agissent plus rarement sur la réparation de la myéline endommagée.
C'est là que la synergie reishi + lion's mane prend tout son sens : le reishi agit sur l'inflammation et l'attaque auto-immune, le lion's mane agit sur la réparation de la myéline. Deux mécanismes complémentaires, deux champignons, une logique cohérente.
Le reishi : réduire la neuroinflammation et promouvoir la remyélinisation
Le reishi n'est pas simplement "anti-inflammatoire" dans le contexte de la SEP. Il agit sur les mécanismes spécifiques de la neuroinflammation par plusieurs voies documentées sur des modèles de SEP.
Polarisation microgliale. Les cellules microgliales sont les cellules immunitaires résidentes du cerveau. Dans la SEP, elles se polarisent vers un profil M1 (pro-inflammatoire) qui amplifie l'attaque contre la myéline. Une étude de 2025, menée directement sur le modèle EAE (encéphalomyélite auto-immune expérimentale — le modèle animal standard de la SEP), a montré que l'extrait de reishi inhibe l'activation microgliale et promeut la polarisation vers un profil M2 (anti-inflammatoire et réparateur), via la suppression des voies NF-κB et STAT3.
Concrètement : le reishi réduit l'infiltration inflammatoire et la démyélinisation dans la moelle épinière, retarde l'apparition des symptômes et réduit leur sévérité.
Expansion des Tregs. La protéine LZ-8 du reishi stimule l'expansion des cellules T régulatrices (Tregs) — les cellules dont le rôle est de tempérer les réponses immunitaires excessives. Dans la SEP, le déficit en Tregs est l'un des mécanismes qui permet au système immunitaire d'attaquer la myéline sans frein. Restaurer les Tregs, c'est réintroduire un garde-fou biologique. Des études sur le modèle EAE ont montré que l'expansion des Tregs réduit directement la sévérité de la maladie et la démyélinisation.
Remyélinisation active. C'est le résultat le plus remarquable. L'acide ganodérique A, un triterpène spécifique du reishi, active le récepteur FXR (récepteur farnésoïde X) — ce qui promeut la remyélinisation dans deux modèles murins distincts de SEP, réduit les cytokines pro-inflammatoires (IL-1β, IL-6) et stimule l'expression du BDNF. Le reishi ne se contente pas de réduire l'attaque — il contribue à la réparation.
Le lion's mane : reconstruire la myéline
Le lion's mane agit par un mécanisme complémentaire — il soutient directement les cellules qui fabriquent la myéline.
Maturation des oligodendrocytes. Les oligodendrocytes sont les cellules du système nerveux central responsables de la production de myéline. Dans la SEP, la capacité de l'organisme à régénérer sa myéline dépend de la maturation de ces cellules à partir de leurs précurseurs (OPC). Une étude publiée dans Nature Scientific Reports (2021) a montré que l'extrait de mycélium de lion's mane promeut la différenciation des OPC en oligodendrocytes matures et augmente le niveau de protéine basique de la myéline (MBP) sur les fibres neuronales.
En clair : le lion's mane aide les cellules qui fabriquent la myéline à devenir fonctionnelles — et la myéline augmente.
Stimulation du NGF et remyélinisation. Le NGF (Nerve Growth Factor), dont la production est stimulée par les héricénones et les érinacines du lion's mane, joue un rôle régulateur dans le processus de myélinisation. Des études antérieures (2003) avaient déjà montré un effet régulateur de l'extrait de lion's mane sur la myélinisation in vitro, avec stimulation de la remyélinisation après dommage — un résultat directement pertinent pour la SEP.
Neuroprotection globale. Au-delà de la myéline, le lion's mane protège les neurones eux-mêmes contre le stress oxydatif et la neuroinflammation. D'autres champignons peuvent d'ailleurs être intéressants à ce titre, en particulier le pleurote, dont l'ergothionéine est le seul antioxydant alimentaire capable de franchir la barrière hémato-encéphalique.
La synergie reishi + lion's mane : une logique documentée
Cette synergie est axée sur une complémentarité profonde de mécanismes, chacun documenté sur des modèles de démyélinisation.
Le reishi agit en amont : il réduit l'attaque immunitaire (Tregs), calme la neuroinflammation (polarisation microgliale M2, NF-κB/STAT3), et promeut la remyélinisation (acide ganodérique A/FXR).
Le lion's mane agit en aval : il stimule la maturation des cellules qui fabriquent la myéline (oligodendrocytes), augmente la production de myéline (MBP), et soutient la régénération nerveuse (NGF, BDNF).
L'un protège, l'autre reconstruit. Les deux agissent sur les deux versants de la SEP — l'inflammation et la neurodégénérescence — par des voies distinctes et complémentaires.
Ce que ces champignons ne peuvent pas promettre
Les limites sont importantes et doivent être posées sans ambiguïté.
Aucune étude clinique humaine n'a démontré qu'un extrait de champignon modifie l'évolution de la SEP. Toutes les données citées dans cet article sont précliniques — modèles animaux, cultures cellulaires, modèles EAE. Ces résultats sont cohérents, convergents et spécifiques à la démyélinisation, mais ils ne constituent pas une preuve clinique chez l'humain.
Les champignons médicinaux ne remplacent pas un traitement de fond (interférons, acétate de glatiramère, anticorps monoclonaux, modulateurs du récepteur S1P). Ils ne modifient probablement pas la fréquence des poussées à eux seuls. Et toute supplémentation en contexte de SEP doit être discutée avec le neurologue — d'autant plus que la SEP est une maladie auto-immune et que certains champignons immunostimulants (comme le shiitake) sont déconseillés.
Ce que ces champignons peuvent faire, c'est travailler sur le terrain — inflammation chronique, stress oxydatif, microbiote, neuroprotection — par des mécanismes complémentaires aux traitements conventionnels et compatibles avec la durée. C'est un soutien de fond, pas un traitement. Mais c'est un soutien dont les bases scientifiques sont plus solides que pour beaucoup d'autres indications de la mycothérapie.
Le mot du producteur : La SEP est l'une des maladies pour lesquelles la synergie reishi + lion's mane a le plus de sens biologique — parce que chacun agit sur un versant spécifique de la maladie par des mécanismes documentés sur des modèles de démyélinisation. Est-ce que ça remplace un traitement neurologique ? Non. Est-ce que ça peut accompagner utilement une prise en charge ? Les données précliniques disent oui. Et les retours de terrain que nous recevons, sans valeur statistique mais avec une constance qui interpelle, vont dans le même sens.
Questions fréquentes sur la mycothérapie et la SEP
Les champignons médicinaux peuvent-ils traiter la sclérose en plaques ?
Non. Aucune étude clinique humaine ne démontre qu'un extrait de champignon modifie l'évolution de la SEP. Les données actuelles sont précliniques — modèles animaux et cultures cellulaires. Les champignons médicinaux peuvent être envisagés comme soutien de terrain en complément d'un traitement neurologique, jamais en remplacement.
Pourquoi le reishi est-il pertinent pour la SEP ?
Le reishi agit sur trois mécanismes spécifiques à la SEP : réduction de la neuroinflammation (polarisation microgliale M2, NF-κB/STAT3), expansion des cellules T régulatrices (LZ-8/Tregs) qui freinent l'attaque auto-immune, et promotion active de la remyélinisation (acide ganodérique A via le récepteur FXR). Ces trois mécanismes ont été documentés sur le modèle EAE — le modèle animal standard de la SEP.
Comment le lion's mane peut-il aider à reconstruire la myéline ?
Le lion's mane promeut la maturation des oligodendrocytes — les cellules qui fabriquent la myéline — et augmente la production de protéine basique de la myéline (MBP). Il stimule aussi le NGF, qui joue un rôle régulateur dans la myélinisation. Ce sont des mécanismes de reconstruction, complémentaires de l'action anti-inflammatoire du reishi.
Le shiitake est-il recommandé en cas de SEP ?
Non. La SEP est une maladie auto-immune, et le shiitake est un immunostimulant puissant qui renforce la réponse immunitaire plutôt que de la rééquilibrer. En cas de SEP, le reishi (immunomodulateur) est préférable — il tempère la réponse auto-immune au lieu de l'amplifier.
Peut-on prendre du reishi ou du lion's mane en parallèle d'un traitement de fond pour la SEP ?
Oui, mais informez systématiquement votre neurologue. Aucune interaction n'est documentée entre les extraits de champignons et les traitements de fond de la SEP (interférons, anticorps monoclonaux, modulateurs S1P). Mais la prudence s'impose, en particulier avec les traitements immunosuppresseurs.
Combien de temps faut-il pour percevoir un effet ?
Les processus biologiques en jeu — remodelage du microbiote, expansion des Tregs, polarisation microgliale, maturation des oligodendrocytes — sont lents. Comptez 2 à 3 mois minimum pour une évaluation sérieuse. Les marqueurs IRM (nombre et taille des lésions) sont le moyen le plus objectif de suivre l'évolution.
Références & sources
Reishi et modèle EAE — neuroinflammation et démyélinisation :
"Ganoderma lucidum mediates microglial polarization and ameliorates experimental autoimmune encephalomyelitis by reducing oxidative stress and inhibiting NF-κB/STAT3 pathway." 2025. Le reishi réduit l'infiltration inflammatoire et la démyélinisation dans la moelle épinière de souris EAE, retarde l'apparition des symptômes et promeut la polarisation microgliale M2 anti-inflammatoire. → PMC : PMC13067805
Acide ganodérique A et remyélinisation :
Jia W et al. "Activation of FXR by ganoderic acid A promotes remyelination in multiple sclerosis via anti-inflammation and regeneration mechanism." Biochemical Pharmacology, 185:114422, 2021. L'acide ganodérique A du reishi active le récepteur FXR, promeut la remyélinisation dans deux modèles murins de SEP, réduit IL-1β et IL-6, et stimule le BDNF. → ScienceDirect
Lion's mane — oligodendrocytes et protéine basique de la myéline :
Huang HT et al. "Hericium erinaceus mycelium and its small bioactive compounds promote oligodendrocyte maturation with an increase in myelin basic protein." Scientific Reports, 11:6551, 2021. L'extrait de mycélium de lion's mane promeut la différenciation des précurseurs d'oligodendrocytes en oligodendrocytes matures et augmente l'expression de MBP sur les fibres neuronales — in vitro et ex vivo. → Nature
Lion's mane — myélinisation in vitro :
Kolotushkina EV et al. "The influence of Hericium erinaceus extract on myelination process in vitro." Fiziol Zh, 49(1):38-45, 2003. Première démonstration de l'effet régulateur du lion's mane sur la myélinisation in vitro, avec stimulation de la remyélinisation après dommage myélinique. → PubMed : 12675022
Reishi — LZ-8 et Tregs :
Lin YL et al. "Reishi Protein LZ-8 Induces FOXP3+ Treg Expansion via a CD45-Dependent Signaling Pathway." PLoS ONE, 8(7):e69217, 2013. La protéine LZ-8 stimule l'expansion des Tregs — un mécanisme directement pertinent pour freiner l'attaque auto-immune dans la SEP. → PubMed : 23864893





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